Mot qui, depuis l’antiquité grecque, décrit l’essence poétique des choses.  Se dit d’une expression subjective des mouvements de l’âme et des sensations intimes.

 

Tant au travers l’art flamenco qu’au fil de son parcours personnel et artistique, Federico Ordóñez explore l’intime et les questionnements humains.

 

Ambos Lados (spectacle présenté en 2013) nous parlait de contrastes  - entre la vie et la mort, la joie et la peine, ce que l’on est et ce que l’on aimerait devenir… Le danseur et chorégraphe revient aujourd’hui pour nous emmener plus loin encore dans son monde intérieur. Nous voici embarqués pour un voyage lyrique au gré des interrogations et des cheminements de l’artiste.

 

Lirico nous raconte un long périple vers l’acceptation de soi, inspiré des moments de vie qui construisirent l'identité du danseur.

 

La première étape, certainement la plus difficile, fut de se défaire d’une éducation limitative, peu ouverte au monde de l’art, et se battre pour libérer l'élan qui l'appelait à devenir danseur. Le milieu de la danse est stigmatisé par de nombreux jugements, clichés et préjugés. Rompre avec eux fut un travail douloureux et solitaire de plusieurs années, particulièrement en tant qu’homme  : qu’est-ce qu’un danseur  ? Qu’est-ce qu’un homme danseur  ? Et qu’est-ce qu’un homme, au juste  ? Comment sortir du mal-être et de la confusion qui naît lorsque l’on constate que l’on ne correspond pas aux moules et aux stéréotypes dictés par la société  ?

Ensuite, comment réveiller ce danseur qui sommeille en soi  ?

 

Il faudra du temps à Federico pour trouver ses réponses personnelles. Sa profonde sensibilité, son anticonformisme, son rêve acharné d'éveiller chez les gens un sentiment de félicité par ses créations et sa danse, ensuite d’en faire son gagne-pain, ne répondaient pas aux diverses attentes. La famille, le flamenco, la société… Comment accepteront-ils le chemin de l'artiste?

 

Quand le point le plus intime d’une personne est touché et remis en question, cela a nécessairement des répercussions sur tous les aspects de la vie, notamment la sensualité et la sexualité. Un séjour à Séville en 2005 marque pour Federico le début de sa formation en Espagne et la découverte d'une première véritable relation amoureuse.

Séville est aussi le lieu d'une rencontre artistique magique, celle avec Irène Alvarez. Une amitié sincère fondée sur la beauté voit le jour. Cette danseuse pleine d’élégance, de douceur et de vitalité ne pouvait pas mieux incarner les amours de jeunesse du chorégraphe. Tel un miroir, elle lui reflète parfaitement ce qu'il est réellement.

 

Lirico  nous délivre finalement une philosophie de vie  : pouvoir accepter les difficultés afin d’être plus clairvoyant sur l’essentiel, s’émouvoir devant la beauté d’un chant ou le son d’un instrument, aimer et être aimé en retour, vivre l’émotion et l’instant présent, font de nous tous des personnes intrinsèquement humaines et lyriques… Federico Ordóñez nous propose ainsi de vivre avec lui un moment de poésie et de conclure ce voyage jalonné de doutes sur une note teintée d’optimiste et de sérénité  : pour s’accepter, peut-être suffirait-il d’être, tout simplement…

Production

 

Direction artistique: 

Federico Ordonez

 

Danseurs : Irene Alvarez; Federico Ordonez

Chant: Carmen Fernandez

Guitare: Alexander Gavilan

Violon: Emile verstraeten

Acordeon : Gwen Cresens

 

Groupe Tiempos nuevos:

Chant: Maria Marin

Guitare: Edsart Udo de Haes

Batterie: Jamie Peet

 

Création lumière : Florent Deville